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dimanche 6 octobre 2019

BILAN DES DEUX PREMIERS MOIS


Voilà, nous avons débarqué le 7 aout à l’aéroport Jean Lesage, et nous voici rendu le 7 octobre, cela fait donc 2 petits mois que nous avons immigré.

Ça semble énorme, mais en fait pour la plupart de nos amis français qui pensent que nous ne sommes juste pas encore rentrés de vacances c’était hier, et à nous ça nous parait beaucoup plus long.

En deux mois, nous avons : emménagé, remeublé complètement un appart, testé tous les supermarchés du coin pour voir où trouver quoi et à quel prix, assisté à un nombre incalculable de match de baseball et d’heures de gym, les enfants ont changes d’école et nous de job.

Le plus dur pour l’instant, pour moi, c’est le changement de clavier au quotidien, et les mesures en cuisine.



Je vous explique pourquoi dans les lignes qui suivent.

Alors première nouvelle, j’ai trouvé un job. Voici comment :

Avant de partir, j’avais rejoint un groupe Facebook avec peu de membres, mais où les différents membres avaient la « philosophie canadienne » ce qui signifie que les membres partagent les bons plans, des photos de leurs sorties, des astuces…

On est très loin des groupes « comment je dois faire pour venir, pouvez-vous me dire les démarches… » qui sont le lieu commun de 90% des gros groupes dédiés au Canada. Les gens s’inscrivent sur ces groupes dans l’espoir que par miracle quelqu’un va leur dire « Allez je suis sympa, je fais tout pour toi ne t inquiètes pas prends juste l’avion, tu auras un job, un appart, et une grosse paie en arrivant ».
Je vous épargne le suspens ça n’arrive pas ce genre d’opportunités, et si tu viens avec cette optique, tu vas tomber de très haut, je pense que le changement de pays doit se préparer en amont pendant un certain temps (en faisant des recherches persos sur le net, dans des livres, auprès d’amis, et en parlant avec sa famille…Tout n’est pas rose ici aussi et on le vit mieux en s’y préparant). Fin de l’aparté.

Les administrateurs du groupe organisaient un pique-nique de bienvenue fin août. Je nous avais donc inscrits afin de faire des connaissances sur Québec. Nous avons rencontré une des administratrices du groupe et plusieurs personnes arrivées en même temps que nous et d’autres qui sont là depuis plus longtemps. Nous avons passé une journée extrêmement sympa, riche en rencontre, en informations sur la vie ici, sur la façon de gérer l’éloignement, sur les us et coutumes de l’école et du travail…
Il s’est trouvé que, dans la conversation, une des participantes, qui est responsable d’une agence de voyage en autocar, a glissé qu’elle cherchait quelqu’un pour faire l’accueil des clients dans l’agence ou elle travaille et pour être formée au métier d’agent de voyage.
Après y avoir réfléchi et après avoir pris les vacances les plus longues de ma vie, je me suis dit que ce métier allait allier mes envies de contacts clientèle, avec l’apprentissage d’un métier qui consiste à vendre du bonheur aux gens.
Je l’ai donc recontactée, je lui ai envoyé mon CV, j’ai fait une journée d’essai, histoire de voir si cela me plaisait et voilà j’ai un nouveau job.

Ici pas de contrat, pas de CDD, CDI … tu travailles on te paie, ça ne te plait plus tu n’y vas plus (c’est pas le top pour la réputation de quitter son job sans prévenir par contre).
Le salaire est, pour ma part, fixé à l’heure. Habituée à mon jour de RTT hebdomadaire, j’ai demandé à conserver un jour sans travailler dans la semaine. Je travaille donc 32h par semaine. Je commence à 9h et termine à 17h.

Au Québec, les impôts sont prélevés à la source comme en France mais on te donne ton salaire avant déduction à l’heure ou à l’année, pour calculer le montant qui te sera versé toutes les deux semaines il faut utiliser un outil très simple : https://neuvoo.ca/calculatrice-impot-net/
Attention le salaire est calculé pour un 40 h semaine, il faut donc faire un petit calcul en croix.
Ça permet de se faire une idée, en gros il faut compter 30 % d’impôts.

Je vous déconseille de convertir votre paie en dollars canadien en euros, ça fait un choc.
Je m’explique : mon salaire est actuellement de 1800 $ par mois, en France je gagnais 1800 €. Le cout de la vie ici est aligné sur les salaires Québécois ce qui fait que je gagne plutôt bien sachant que je commence dans le métier.  Par contre si je m’amuse à convertir mon nouveau salaire en euros (1800 $ = 1250 € environ) je pleure.

Dans ma tête, j’étais partie sur le fait qu’on se moque du symbole situé après le chiffre, c’est à dire que la garderie me coûte toujours un peu moins de 200 par mois, les courses autour de 200 par semaine…

Mon train de vie n’a donc pas diminué, il a même augmenté vu que les enfants sont en école publique alors qu’ils étaient en école privée en France.

Ce sera encore mieux dans 18 mois quand les allocations familiales me seront versées (mais c’est une autre histoire).

Au Québec, on ne paie pas l’eau et dans mon cas l’électricité est incluse dans le loyer (et vu que le chauffage est électrique c’est rassurant), nos seules charges sont les téléphones portables, internet, l’assurance logement et le périscolaire.
Il faut aussi prévoir de mettre de côté pour rentrer une fois par an ou pour les vacances.


Tout cette histoire pour en venir aux seules choses qui me gâchent la vie en ce moment. J’ai nommé le clavier Québécois Français et les mesures en cuisine.

Le clavier utilisé au Québec est un Qwerty qui est prévu pour la langue anglaise (donc sans accents) sauf qu’au Québec on parle et on écrit français, vous voyez le problème arrivé. ILS SONT OU CES LUTINS D ACCENTS !!!!!!!!!
Je passe une partie de ma journée à tester les différentes touches, à effacer et réécrire. Ce qui ne me rassures pas c’est qu’au bout de deux ans ma responsable n’a toujours pas trouvé les guillemets sur le clavier 😊 pour d’autres ça sera d’autres symboles mais ça résume bien ma galère du moment.
Je vais vite acheter un clavier QWERTY pour la maison et le travail, histoire de ne plus passer d’un système à l’autre.

Mon autre soucis c’est pour la préparation des repas.
Les aliments n’ont pas forcément le même nom qu’en France, les courgettes sont des zucchinis, le maïs du blé d’inde, il y a des filets mignons de bœufs… Alors, pour me simplifier la vie et faire mes courses au plus simple, je prends des recettes québécoises pour faire mon batch cooking du dimanche. Mon gros problème : les mesures se font en tasses . Je passe mon temps à diviser 250 ml qui est la valeur d’une tasse en 2, 3 ou 2 tiers…
C’est assez simple à résoudre comme problème me direz-vous, il suffit d’acheter les mesures qui vont bien… c’est ce que je me suis dit aussi les premières semaines, sauf que ma conscience minimaliste (pourquoi acheter alors qu’on a déjà) s’est imposée à moi et je me suis dit que ça n’était quand même pas bien compliqué de convertir. Ce n’est pas compliqué c’est vrai mais c’est usant donc mercredi direction le magasin pour acheter ses fameuses mesurettes.


Tout ça pour vous dire que l’on va très bien ,si on regarde tout ce que l’on a fait ces deux derniers mois, que les enfants adorent leurs écoles et que les mois à venir vont encore être riches en changement au vu des températures qui baissent.
Allez à tantôt.

PS : Anecdote marrante, j’ai réussi à attraper l’accent belge et les expressions qui vont avec car ma responsable et mes voisins sont belges. Pour repasser sur l’accent français avant de rentrer, j’écoute des chansons françaises pendant mon trajet de retour en bus.
Bizarrement je m’étonne de ne pas attraper l’accent du sud vu que j’écoute en ce moment l’intégrale de Cabrel.

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